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Notre Dame de Bourgenay

Histoire

· Les origines de BOURGENAY ne nous sont pas connues. Il est probable qu'elles sont fort anciennes, dans une région où les traces de l'habitat humain remontent à la préhistoire (par exemple les dolmens et menhirs dans les communes limitrophes d'Avrillé et du Bernard).


· Un Prieuré Bénédictin  :· Même s'ils font allusion à des événements antérieurs, les premiers documents historiques qui parlent de Bourgenay datent des 12ème et 13ème siècles. Il est question d'un prieuré bénédictin dépendant de la grande Abbaye de Maillezais (Sud-Vendée)

 Un peu d'histoire . Sans doute les moines qui vivaient là s'y étaient rassemblés pour rencontrer Dieu ! Pourtant, l'histoire humaine n'a rien gardé de cette vie avec Dieu. Seule la dimension économique apparaît dans les archives : 7 ou 8 documents étalés sur un siècle (1190 à 1291). Il s'agit de cession de terrains, de forêts, de landes ou d'abeilles... Les "donateurs" sont, soit le monastère voisin d'Orbestier, soit les différents familles qui se succèdent comme Seigneurs de Talmont (surtout les de Mauléon, de 1190 à 1253), puis les Vicomtes de Thouars, de 1253 à la Révolution.

A travers les cartulaires, le nom est orthographié de plusieurs manières : Burgum Genesti, Burgenest (1218), Borgenest (1213), Bourgenest... On trouve sans doute à l'origine le mot "Burg" qui signifie "lieu fortifié". Sans qu'on puisse en dire plus avec certitude, ces dénominations anciennes évacuent de toute évidence les étymologies légendaires et fantaisistes du genre "A Bord je noie" !


Nous savons peu de choses sur l'histoire du prieuré de Bourgenay, sinon qu'il suit l'évolution de l'Abbaye de Maillezais dont il dépendait. C'est ainsi qu'il passa en 1648 sous la dépendance du Chapitre de la Cathédrale de La Rochelle quand l'Eveché y fut transféré.


Il est probable que le prieuré de Bourgenay tomba en décadence, suivant ainsi le sort de nombreuses abbayes en France, minées par le système de Commende : celui-ci consistait à donner à des laïcs, souvent nobles, la possession de l'Abbaye qu'ils considéraient comme des "Bénéfices" à exploiter, mais sans y résider forcément et sans avoir le plus souvent qualité pour en faire des lieux de recherche de Dieu. En tout cas, nous possédons le procès verbal de la visite de Bourgenay le 18 septembre 1777 par le curé de Saint Hilaire de Talmont, destiné à Monseigneur Mercy, évêque de Luçon. Il nous montre un sanctuaire dans un état de dénuement et de délabrement complet..., et il n'est pas question de la présence de religieux.

Les légendes et l’histoire

· Même si elles s'enracinent dans l'Histoire, les légendes ne nous donnent pas souvent de renseignements précis sur les faits tels qu'ils se sont déroulés ; par contre, elles peuvent nous apprendre beaucoup sur la mentalité des époques où elles sont nées. Il est donc important d'en faire mémoire. Il y a tout ce qui s'est raconté autour de la princesse de Nassau (1578-1640), qui aurait fait naufrage sur cette côte ; en reconnaissance pour son sauvetage, elle aurait fait construire une chapelle.


Il y a aussi le caractère de dévotion mariale du lieu. A quand re-monte-t-il ? L'histoire n'en dit rien de sûr. La légende y supplée par les "histoires" autour de la statue "miraculeuse" de Marie. "Miraculeuse" par son origine (recueillie sur le rivage après le naufrage de la princesse), par les guérisons obtenues, par le retour merveilleux à terre après que les révolutionnaires de 1793 l'aient jetée à la mer par trois fois. Les versions contradictoires ne permettent pas de trouver plus de certitude historique.


Que dire aussi d'une certaine pierre plate et d'une merveilleuse source d'eau douce qui aurait soi-disant rendu le linge "plus blanc que blanc" ? Pierre et source sont aujourd'hui disparues.


 La Révolution et la destruction du Sanctuaire


· La Chapelle de Bourgenay (en mauvais état, comme l'indique la visite du curé de St Hilaire de Talmont, dont nous avons déjà parlé, une quinzaine d'années avant les événements révolutionnaires) et ce qui restait des bâtiments du prieuré furent vendus comme "bien national". L'acheteur, un certain Fournier, se servit - comme cela fut fait en beaucoup d'autres endroits de la même manière - des bâtiments comme d'une carrière de matériaux. Seule une partie de la crypte échappa à la démolition. Le pèlerinage de Bourgenay tomba dans l'oubli.


La statue de MARIE, vénérée sous le titre de Notre-Dame de l'Espérance, fut emportée aux Sables d'Olonne (en cachette, semble-t-il, mais plusieurs récits de ce transfert existent), et confiée à la Soeur Supérieure de l'hôpital. En 1849, une chapelle fut construite pour l'abriter. Elle peut se visiter aux Sables d'Olonne, au 37 rue de l’Amidonnerie, dans le quartier de St Pierre. La statue en bois représente une Vierge avec les mains jointes et les pieds écrasant un serpent. C'est probablement une "figure de proue" : son dos a été creusé de façon à épouser une pièce de bois telle l'étrave d'un navire, ce qui pourrait confirmer l'histoire de la Princesse de Nassau. La peinture polychrome cache les défauts d'une oeuvre qui n'est pas celle d'un spécialiste.

La Renaissance de Bourgenay

· Elle est due au Comte de Beaumont et à sa famille qui en étaient devenus possesseurs. La reconstruction d'une partie du sanctuaire (au-dessus de la crypte retrouvée au milieu des décombres), commença en 1872 et fut marquée, par la reprise du pèlerinage le 8 septembre 1874, en présence de Monseigneur Collet, évêque de Luçon. Le pèlerinage du 8 septembre n'a jamais cessé depuis cette date. En 1891, fut construit le château attenant à la chapelle ; en 1892, la statue de Marie "Immaculée Conception" fut installée sur le clocher. Enfin, en 1896, la chapelle fut agrandie pour atteindre sa dimension actuelle.


· Le BOURGENAY récent et les Soeurs des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie (dites "Soeurs de Mormaison ")· La Congrégation des Soeurs de Mormaison a été fondée aux Brouzils, petite commune du bocage vendéen, par le curé de la paroisse, Pierre Monnereau, pour l'éducation des enfants et des jeunes après la tourmente des guerres de Vendée. Les religieuses sont présentes aujourd'hui en France, au Canada, à Madagascar, en République Dominicaine, au Congo.


A la demande de la famille de Beaumont, une communauté s'implante à Bourgenay en 1911 pour y ouvrir une première école "Sainte Mélanie", puis une école de garçons en 1927. Entre temps, Mademoiselle de Beaumont (+1928), avait légué à la Congrégation, en 1926, les biens qu'elle possédait à Bourgenay, en particulier le sanctuaire, le "château" attenant, ainsi que plusieurs constructions voisines qui sont aujourd'hui :


L’école catholique (près du camping)


une Maison Familiale qui, dans un système de formation par alternance, forme des jeunes dans les professions du bois.


une maison de repos pour religieuses.


Depuis 1923, un prêtre "chapelain" réside à Bourgenay. Il fait partie de l'équipe de prêtres de Talmont St Hilaire qui ont la responsabilité pastorale de Bourgenay et, entre autres, du pèlerinage annuel.