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La région de Jard était connue depuis l'antiquité par ses marais salants et le chemin saunier qui relie Jard à Poitiers serait même antérieur à l'occupation romaine.


Le site de Jard est habité depuis longtemps. Des soubassements gallo-romains remontant au premier siècle ont été découverts sur ie terre plein situé devant l'église actuelle. Ces traces témoignent qu'à cette époque un site gallo-romain, religieux ou commercial, existait à cet endroit.


Au Vlème siècle, Saint Grégoire de Tours, parle d'une église, située à BECCIACUM. La plupart des historiens situent BECCIACUM à Saint Vincent sur Jard. Ceci indique que, dès cette époque la région était christianisée.

 


 

En 732, fuyant l'approche des arabes, les religieuses de Sainte Croix de Poitiers emportèrent les reliques de Sainte Radegonde et allèrent se réfugier a Jard ou elles possédaient un " fundus ". A la suite de la victoire de Charles Martel, elles regagnèrent leur monastère. Toutefois elles concédèrent, avant de partir, un terrain pour l'édification d'une église dédiée à leur sainte patronne. Telle est la fondation, peut-être légendaire, de cet édifice.


Des constructions primitives, il ne reste rien. Les incursions normandes ont été particulièrement cruelles dans cette région. Quant à l'église actuelle, aucun document ne permet d'en retracer l'histoire avant le XVIe siècle. L'église actuelle remonte à la fin du XIe, début du XIIe. De nombreux indices laissent à penser qu'il existait aussi un prieuré. Eglise et prieuré dépendaient de l'abbaye Sainte Croix de Poitiers et étaient placés sous le patronage de Sainte Radegonde.


Pendant les guerres de religion, le 31 mars 1568, le couvent et l'église de Jard sont saccagés et brûlés. La reconstruction se fit un siècle plus tard selon la technique du temps. Dans un souci d'économie, l'aspect primitif de l'église fut modifié : la voûte de pierre remplacée par une simple toiture sur charpente de bois. On y rajouta, quelques années plus tard, la chapelle de la Sainte Vierge sur le côté nord du chœur.Sous la Révolution, l'église de Jard fut utilisée pour des réunions publiques, mais elle ne subit ni destruction, ni dommage.


Aujourd'hui, ce bâtiment, classé monument historique, souffre d'un manque de crédits qui retarde les efforts de restauration, souhaitée par la municipalité.

Sa visite

Eglise Ste Radégonde de Jard sur mer

 L'Eglise, vue de l'extérieur


L'église est bâtie selon un  plan cruciforme.


Aux angles nord-est et sud-est les constructions de la chapelle de la Vierge et de la sacristie, lui donnent un aspect plus massif. Une petite tour ronde au toit pointu contient l'escalier de pierre qui monte au . Celui-ci. à base carrée, se termine par un toit pyramidal. Au ras de la toiture, quelques-uns des modilions de pierre sont sculptés : ce sont les plus anciens.


Le portail nord-est  celui qui a reçu la meilleure décoration. La date de 1636, inscrite au fronton du portail montre que l'on a tenu à garder un caractère ancien de style gothique. Malheureusement, les intempéries ont rongé les fines sculptures des crochets et du fleuron de l'arc en accolade, comme celles des deux piedroits qui l'encadrent et où l'on peut reconnaître deux bêtes allongées. Au milieu, une niche vide : La statue qui lui était destinée a disparu.


A l'extérieur, le portail est dans l'axe médian vertical du fronton. Mais à l'intérieur, il est sur la gauche du mur du fond du transept. Par contre, la petite fenêtre en accolade est au milieu à l'intérieur et sur la droite à l'extérieur.


Le fronton ouest est dominé par une croix trèflée. Deux contreforts encadrent cette façade et en assurent la solidité, comme tous ceux du pourtour de l'édifice qui s'opposent à la poussée des voûtes. La grande porte comporte une ornementation sobre et des motifs décoratifs attestant une facture post Renaissance.


Sur le flanc sud, une construction monumentale, qui pouvait être originellement, un contrefort, a été transformée en tour pour la défense de l'église.               


Extérieurement les murs de la nef sont divisés en trois travées par des contreforts peu saillants. I! faut signaler côté sud, à l'emplacement de la fenêtre murée, un massif maçonné à plusieurs étages qui semble avoir été le support d'une croix hosannière de la fin du XVe siècle.


Le portail occidental est du même style ,bien qu'il paraisse en fait plus récent


ette église traitée avec une certaine ampleur présente une rigueur toute monastique Il y a lieu de s'étonner de ne pas trouver trace de sa consécration, car sa conception n'a rien à voir avec celle du modeste sanctuaire de campagne qu'il paraît avoir toujours été. En fait, il est possible d'imaginer qu'à partir d'une nef existante, on a aménagé un chœur et surtout un transept en fonction d'une nouvelle affectation de l'édifice


Les quatre absidioles évoquent le plan d'une église abbatiale, Mais il n'existe aucun document qui puisse nous éclairer. Ainsi, alors que sa datation ne soulève aucun problème, par contre, les raisons du choix de ce plan très particulier nous échappent. On peut simplement émettre l'hypothèse de la présence simultanée d'un nombre inhabituel de prêtres dans ce monument, sans pouvoir préciser à quel litre.


En entrant par le portail Ouest on découvre la nef. Sa faible largeur (7,80 m) la fait apparaître plus longue qu'elle n'est en réalité (36,50 m).


L'éclairage est assuré par quatre étroites fenêtres romanes, et une baie en arc brisé au dessus du portail d'entrée.


La nef, autrefois en pierre et voûtée, est recouverte d'une charpente plus basse. possède des jambes de force en arc de cercle, disposition rare, mais que l'on retrouve au Mont St Michel.


Au mur sud, une haute colonne demi-engagée devait supporter les marches d'un escalier en colimaçon donnant accès à la tour de défense extérieure.


A la croisée du transept, de gros piliers de 3 m. supportent une coupole légèrement elliptique et la masse énorme du clocher.


La pierre à nu est du meilleur effet, et il serait souhaitable que cette restauration puisse se continuer. Un arc doubleau consolide la voûte du chœur. Le maître autel est du 17eme siècle.


Sur le mur nord, une statue ancienne, en bois, de  La Sainte, en son habit de religieuse, tient dans la main gauche l'Abbaye de Ste Croix, qu'elle fonda à Poitiers entre 552 et 557. Le sceptre dans sa main droite, et. sur la tète, la couronne royale rappellent qu'elle fut, aussi, reine des Francs, vers 540-550.


Le chœur et transept, datent du XIIe siècle. De plan en croix latine, c'est un édifice d'aspect sévère, sans sculptures, les chapiteaux étant remplacés par de simples cordons. La croisée est marquée d'une sur pendentifs qui présente la particularité assez rare de posséder deux bandeaux comme si elle était formée de deux calottes superposées. Un berceau couvre les bras du transept. Ces derniers sont longs et comportaient chacun deux absidioles à chevet plat.


Cette disposition n'est conservée qu'au sud. Le même berceau se retrouve également dans le chœur. Celui-ci possède deux travées, pourvues chacune, du côté nord, d'une arcade, ces passages donnent accès à la chapelle de la Vierge qui a remplacé les absidioles nord. Ce chœur se termine par un chevet plat, percé au XVIIe d'une grande baie, dont le remplage a été muré au XVIIIe pour installer


LA CHAPELLE DU SACRÉ COEUR


La chapelle du Sacré-Cœur occupe le croisillon sud du transept. Au fond de cette chapelle, s'ouvrait une longue et étroite fenêtre romane, aujourd'hui bouchée. Deux petites chapelles sont occupées l'une par les fonds baptismaux, l'autre par une pièce, autrefois " prison ". Leurs voûtes en berceau contrebalancent celle du transept avec lequel elles communiquent par de larges ouvertures avec arc brisé. L'une de ces ouvertures est murée. Une salle de gardes existe au dessus de cette pièce


LA CHAPELLE DE LA SAINTE VIERGE


Cette chapelle, qui remonte au XVIIe siècle, est constituée par quatre voûtes d'ogives, dont les arcs tombent sur un pilier central et donnent à l'ensemble une élégante pureté de lignes. La colonne centrale ne repose pas exactement au milieu de son soubassement. Les retombées d'arc sur les murs se terminent par des culots sobrement travaillés. Les clefs de voûte comportent un petit motif décoratif  L'éclairage est donné par une fenêtre romane et trois fenêtres de style flamboyant. Les vitraux sont récents.


La chapelle communique avec le choeur par deux ouvertures en plein cintre. Celle qui ouvre directemnt sur l'autel était autrefois fermée d'une grille. Sur le sol, plusieurs pierres tombales, dont l'une porte cette inscription : " soubz ce tombeau gist le corps de défunt René Guillard. curé de céans, décédé en 1613 ".


LE TABLEAU DE PEINUS


Dans le croisillon nord, du transept est suspendu un grand tableau, signé P. Peinus, et daté de 1628. Selon Joseph Salvini, ancien directeur des archives de la Vienne, ce tableau serait l'œuvre de Pierre-Paul PEINUS. Ce peintre ( qui n'est pas autrement connu ) décora en 1627, un appartement à Fontenay le Comte ( Hôtel Claude Gullier, veuve de Jean Picard, trésorier de France ) . Il aurait pu faire partie d'un ensemble de tableaux commandés par le Roi Louis Xill et la Reine Anne d'Autriche, pour les Jacobins de Poitiers. Ce tableau semble inspiré de la célèbre toile du GRECO : l'enterrement du comte d'Orgaz.


En haut, dans une gloire, la Sainte Vierge, tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux est entourée d'anges. Elle tend des chapelets à des religieuses et des religieux, probablement dominicains. L'une des religieuses est couronnée.


Au premier plan, à droite, et Monsieur, le frère du roi.

A gauche, !e pape et le cardinal de Richelieu et quelques autres personnages. Tous sont agenouillés, le visage levé vers la Vierge, dont ils implorent le secours.

Au milieu et au dessus d'eux, on aperçoit La Rochelle en flammes : 1628 est l'année où la ville succomba après un long siège. ( mais La Rochelle prise ne fut pas incendiée ! )

Vers le bas du tableau on lit l'inscription : " Ave Maria Gratia Plena ", au dessous de laquelle brûlent les flammes du purgatoire, et les âmes que la prière du Rosaire contribuera à sauver.

Enfin, de chaque côté, huit petits tableaux encadrent les principaux personnages. Ils représentent les quinze mystères du Rosaire

- A gauche, en bas : l'ange Gabriel, une fleur à la main, adresse à la Vierge la salutation dont les premiers mots sont reproduits...

-  Au dessus, à gauche la Visitation ( Marie et Elisabeth ),

-  A droite, Noël et la Présentation de Jésus au Temple.

-  A gauche : Jésus, à douze ans, est retrouvé au Temple.

-  Tout à fait en haut, les mystères douloureux :-  Agonie. Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de croix, Crucifiement.

-   Enfin, à droite, de bas en haut, les mystères Glorieux :

-   Résurrection, Ascension, Pentecôte, Assomption et Couronnement de la Vierge.